Les Casernes Beaumont-Chauveau à Tours

CommercesRésidentiel
Tours France
Reichen & Robert -  Les Casernes Beaumont-Chauveau à Tours

Reconversion des anciennes casernes Beaumont et Chauveau en logements, résidence étudiante et sénior, création d'une salle des ventes et d'un tiers-lieu (galerie de street-art).
L'îlot mixte sera Installé pour partie dans les halles partiellement conservées et pour partie dans une reconstruction à l'identique des gabarits existants afin de conserver « l'esprit des halles ».
Les espaces publics sont pensés pour offrir une multitude de parcours aux habitants et aux visiteurs.
Le projet propose une ouverture et le renouvellement de cette friche en cœur de ville afin de développer l'attractivité de la ville, mais aussi pour l'amélioration du cadre de vie de ces habitants.

Le quartier des casernes Beaumont et Chauveau est, à la fois, une enclave dans la ville et une figure urbaine qui appartient à son histoire : sa « restitution » est pensée comme un équilibre établi entre ces deux réalités.
Le plan conçu par Bruno Fortier installe ainsi une géométrie qui s'appuie sur la ligne Nord du « tapis de halles existantes » réinterprétée comme une voie nouvelle. Cette voie est ensuite croisée par un parc Nord-Sud.
C'est autour de cette croix des espaces publics majeurs que se composent plus finement les îlots en assurant les connexions avec la ville existante.

Comment prolonger ce propos dans la conception du lot 14 ?

Le premier déterminant qui pourrait justifier une évolution du plan est lié à la programmation.
Un nouvel équilibre va naître de la répartition des fonctions entre l'habitat, le tertiaire, l'activité et l'artisanat. Clairement, il est attendu une plus grande mixité et la « dynamique d'assemblage » des fonctions comme la mise en œuvre d'un rez-de-chaussée actif vont avoir des répercussions sur les espaces.
Un second questionnement tient à la lecture patrimoniale que l'on peut faire du site, mais aussi à la façon dont ce patrimoine peut incarner une nouvelle époque de la ville.

C'est alors la question des halles qui est en jeu ou plutôt de « l'esprit des halles ».

Dans le plan urbain, elles sont traitées comme deux objets conservés et intégrés à une forme bâtie nouvelle.
Dans le plan d'origine, elles forment au contraire un tapis continu entrecoupé par deux césures. Cet ensemble a inscrit dans le site un principe de continuité urbaine (le tapis) mais aussi une logique de continuité architecturale, qui ressort des codes de « l'architecture répétitive ».
« Des motifs, des principes de répétition, des rythmes et des déformations » (le contrepoint) sont les composants d'une architecture mais ce sont aussi les codes de la musique répétitive. C'est ce particularisme qui fait des halles industrielles des espaces musicaux et euphorisants et c'est, aujourd'hui, un imaginaire universel que toutes les villes exploitent dans leur développement.
Ces halles incarnent la liberté, l'appropriation, la création, les échanges ou les nouvelles technologies.

C'est un patrimoine dynamique.
Ce sont des lieux actuels.

Pour être compréhensibles comme un ensemble et bénéficier d'une véritable masse critique, nous pensons que ces halles doivent s'incarner dans une « rue des halles » qui, justement, est un des éléments structurant du site.
Elles devraient être continues mais aussi « poreuses ». Leurs trames et leurs principes de conception offrent cette souplesse d'usage. Bien sûr, on peut faire le constat que trois de ces halles empiètent sur le parc. Pour nous, c'est un enrichissement si l'on considère que l'on peut associer un héritage patrimonial, des fonctions ouvertes sur le futur et un grand principe de renaturation du quartier.
Dans une telle hypothèse, c'est le parc qui va lui-même s'amplifier vers l'Est pour englober ce tapis de halles sur sa façade Sud.

Ce patrimoine, traité de façon ample et généreux, ainsi que la création d'un vaste espace végétal peuvent devenir le symbole d'un « bien commun » directement compréhensible et appropriable par habitants et incarner l'idée de la restitution à la ville de ce lieu.

Pour construire cette rue des halles, c'est ensuite le bâti nouveau installé dans les interstices qui va « prendre la couleur des halles » pour former un long origami continu et évocateur.

Cette proposition modifie à la marge, le plan urbain et le dessin du reste du lot 14 nous semble une base de travail tout à fait cohérente. A plus forte raison, si la partie la plus importante de la part « active » du projet se trouve concentrée sur la rue des halles.
Bernard Reichen


Concours : 2020

MAITRISE D'OUVRAGE
Nexity Apollonia
Edouard Denis
A7 IMMO

MAITRISE D'OEUVRE
 Reichen et Robert & Associés, mandataire
Urbanmakers Architectes

Urbaniste de la ZAC : Bruno Fortier

 Paysagiste : Florence Mercier
BET Aménagement & environnement : SCE
Graphistes : Stadler Design Studio

SURFACES
10 ha superficie de la ZAC Caserne Beaumont
11 807 m² superficie du lot 14
23 500 m² SdP

CERTIFICATIONS ENIVRONNEMENTALES
Biodivercity
Intairieur
Labellisation E+C - et plus spécifiquement un niveau E2C1

CREDITS
KAUPUNKI

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